Disparition des hommes dans l’enseignement : quelles conséquences ?

Que celui ou celle qui n’a pas mis les pieds dans une école, un col­lège, un lycée, voire une salle des pro­fesseurs ces dernières années fasse l’expérience. Une rapi­de mono­gra­phie vous fera par­venir, la plu­part du temps, à con­clu­sion suiv­ante : les hommes ont claire­ment déserté les étab­lisse­ments sco­laires, et surtout les salles de classe.

D’après les sta­tis­tiques du Min­istère de l’éducation, « dans l’enseignement pri­maire, on comp­tait 65 % de femmes en 1954. Ce pour­cent­age dépasse désor­mais les 82 %. C’est égale­ment le cas dans le sec­ond degré pub­lic, où l’on dénom­bre 58,2 % de femmes, par­ti­c­ulière­ment par­mi les pro­fesseurs cer­ti­fiés et les pro­fesseurs d’éducation physique et sportive (62,1 %). »

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Bon, il y a des femmes partout pour s’occuper de nos bam­bins et de nos ados.

Est-ce une bonne chose ? On peut se pos­er la ques­tion. Dans une époque en mal de repères clairs et de mod­èles, s’enfermer dans l’idéologie de l’interchangeabilité homme/femme est tout sauf un gage de mieux-être ou de qual­ité.

En out­re, au delà de l’ambiance rela­tion­nelle infer­nale qu’engendre une présence max­i­mal­isée de femmes dans l’éducation nationale, c’est aus­si sem­ble-t-il, la gan­grène liée à la fémin­i­sa­tion des esprits (ou à la perte du sens de la tran­scen­dance), et des com­porte­ments qui lui sont liés (rel­a­tivisme, hyper tolérance (= faib­lesse), lib­er­tarisme, égal­i­tarisme, idéolo­gie du « câlin » comme solu­tion à tous les maux, la néga­tion de l’idée même de l’Autorité….), qui demeure le plus dan­gereux.

Soyons sub­ver­sifs, faisons preuve de bon sens.

Hommes et femmes ne sauraient incar­n­er l’Autorité de manière aus­si crédi­bles l’un et l’autre (encore aujourd’hui)

Certes, l’autorité n’est pas for­cé­ment l’apanage de l’homme, toute­fois, quoi qu’on en dise, dans l’imaginaire, mais aus­si, osons le dire, dans la réal­ité, un homme sera tou­jours plus crédi­ble pour incar­n­er ce rôle. Con­traire­ment à ce qu’on entend en per­ma­nence et qui per­met d’éviter tout débat de fond, les élèves « dif­fi­ciles » ne con­tes­tent pas seule­ment le statut du pro­fesseur, non, c’est bel et bien la fig­ure de l’autorité, de la viril­ité ( et ce qui lui est inhérent, l’ordre, le respect de la hiérar­chie…) qu’ils défient et remet­tent en ques­tion.

Empirique­ment, de la mater­nelle au lycée, rien ne fonc­tion­nera aus­si bien que la grosse voix de M. Prof pour faire régn­er le calme dans une classe d’enfants surex­cités ou d’adolescents en pleine crise.

Cer­tains témoignages d’enseignants recueil­lis par le Figaro en 2011 en attes­tent :

  • Corinne, direc­trice d’école pri­maire 

« Les garçons tra­vail­lent mieux quand ils ont un insti­tu­teur, car il sait mieux s’y pren­dre avec eux. Cet avis est partagé par l’ensemble des pro­fesseurs de mon étab­lisse­ment. La maîtresse d’école incar­ne “l’image de la mère”. Ce sont d’ailleurs dans les deux matières enseignées par des hommes que mon fils a ses meilleures notes. »

  • Mar­tine, pro­fesseur de français 

« Pour cer­tains par­ents et enfants, une femme enseignante ne peut pas être prise au sérieux. Lors de la con­vo­ca­tion des par­ents d’un élève en dif­fi­culté sco­laire, le père a refusé de me par­ler car je n’incarnais pas l’autorité selon lui. Il restait deux solu­tions : soit annuler l’entretien – ce qui n’allait pas dans l’intérêt de l’enfant – soit faire venir un col­lègue. J’ai fait venir un de mes col­lègues. »

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« On est une généra­tion d’hommes élevés par des femmes, je suis pas sur qu’une autre femme soit la solu­tion à nos prob­lèmes. » Fight Club

La néces­sité d’avoir des mod­èles mas­culins

Quand on prend con­science qu’on passe plus d’une décen­nie sur les bancs de l’école, il serait com­plète­ment hyp­ocrite et stu­pide de penser que ne pas se con­fron­ter à un inter­venant homme ne serait pas si grave. Il est pri­mor­dial d’avoir des mod­èles mas­culins à qui s’identifier ou à défaut se con­fron­ter, car on se s’émancipe réelle­ment que des lim­ites qui nous ont struc­turées et sur lesquelles on s’appuie pour grandir. Sans cadre apporté de l’extérieur, le proces­sus d’individuation (proces­sus de réappropriation/ dépasse­ment des­dits cadres) ne pour­ra jamais s’opérer. Or, tous les métiers qui inter­vi­en­nent autour de l’enfance et de l’adolescence se sont grande­ment fémin­isés, ce qui engen­dre beau­coup de prob­lèmes, surtout chez les garçons. Si nous élar­gis­sons un peu le spec­tre, force est de con­stater que la mul­ti­pli­ca­tion des familles mono­parentales, dans lesquelles c’est le plus sou­vent la mère qui a la garde des enfants (suite à une déci­sion d’unE juge de la famille…), ne fait qu’envenimer le prob­lème de l’absence de mod­èle mas­culin dans l’environnement direct des enfants.

Dans son ouvrage Sauvons les garçons, Jean-Louis Auduc explique très claire­ment, sta­tis­tiques à l’appui, que ce manque de référents mas­culins accentuent leur crise d’identité, d’orientation, le décrochage sco­laire ou les trou­bles com­porte­men­taux liés etc…

La TV s’est déjà emparée du problème….(d’ailleurs, que font les fémin­istes ? A quand une « Pas­cale la grande sœur ? »)

 

L’indifférenciation des sex­es, des statuts et des âges est un dan­ger

Main­tenir les enfants dans le flou, dans le doute et la remise ques­tion per­ma­nente, dans l’idée qu’ils vont pou­voir s’autodéterminer à par­tir de rien, c’est la pire chose qu’on puisse leur trans­met­tre. Quand on ne sait pas qui on est, on ne peut pas savoir ce qu’on veut ni ou on va. Si l’on a pas de socle solide, de struc­ture, de ver­ti­cal­ité, com­ment faire face à un obsta­cle et com­ment s’affirmer ou affirmer un choix ?  Sans cela, on demeure con­damné à vivre, ou plutôt à gér­er l’immédiateté, sans aucune pos­si­bil­ité de pro­jec­tion ou con­struc­tion vers l’avenir.

Il est pri­mor­dial de réin­té­gr­er des hommes dans les métiers de l’humain.

Plus large­ment, il est néces­saire de réin­té­gr­er des hommes et des femmes « ver­ti­caux » dans les métiers de l’humain.

Les adeptes aux cerveaux frag­iles, du « oui, mais », du « pourquoi pas », du « peut-être », et du  » c’est l’élève qui va con­stru­ire sa per­son­nal­ité et son savoir en autonomie » par­ti­c­ulière­ment représen­tés dans le domaine de l’éducation auront de gros prob­lème avec cette don­nées : avant d’être des pro­fesseurs, ou des élèves, il y a des garçons et des filles, puis des hommes et des femmes. Toute­fois cela pour­rait être per­ti­nent de s’en servir comme base de tra­vail, si tant est qu’on veuille faire preuve d’honnêteté, qu’on aspire à trans­met­tre quelque chose de posi­tif, de sen­sé et de durable aux petits français de demain.

« Élever quelqu’un, c’est abord l’élever à ses pro­pres yeux », écrivait Simone Weil

Pour en savoir plus sur le tra­vail de Jean-Louis Auduc :

 

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