L’arnaque des campagnes contre le harcèlement de rue : Augustin VS Mokhtar

[ Avertissement : Cet article est un billet d’humeur et non une étude sociologique sur les facteurs ethno-culturo-religieux du harcèlement de rue. Notre contributrice expose son expérience personnelle du harcèlement de rue et se moque, par la caricature, des tabous palpables dans les campagnes de sensibilisations organisées par le Ministère des droits des femmes. A la suite de cet article, de nombreuses femmes nous ont fait part d’expériences personnelles analogues à celles décrites par notre contributrice. A aucun moment cette dernière n’affirme qu’une seule communauté a l’exclusivité du harcèlement de rue en France.] 

On voit de plus en plus fleurir, sous l’égide de notre ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des Femmes, Laurence Rossignol, des affiches de prévention quant au harcèlement de rue.

Tremblez, racailles !
Tremblez, racailles !

Le projet est louable : n’en déplaise à certains masculinistes primaires, se faire aborder toute la sainte journée par des bandes de loubards en rut, c’est pénible. Vous ne seriez probablement pas flattés vous-mêmes si des hordes de beurettes à chicha et de vieilles femmes aux dents gâtées tentaient de vous attirer dans leurs lits, en se montrant vulgaires et agressives de surcroît.

Cependant, même si je souhaiterais donc, effectivement, pouvoir marcher à Barbès sans avoir à refuser mon numéro de téléphone à trois dalleux en cinq minutes, je ne soutiens pas ces campagnes de prévention.

"Wesh mademoiselle viens on fait un débat paritaire sur le sexisme hétéro-cisgenre"
« Wesh mademoiselle viens on fait un débat paritaire sur le sexisme hétéro-cisgenre »

Qui touchent-elles ? Qu’est-ce-que le jeune Augustin, un peu timide mais au demeurant charmant, va comprendre de ces affiches ? Qu’il ne doit surtout pas essayer de séduire une fille dans la rue, quand bien même il l’aurait fait de manière polie et certainement flatteuse, cette fois-ci. En revanche, Mokthar, pas timide pour un sou et pour le coup vraiment pénible, ne posera même pas un regard sur ladite affiche. Et s’il le faisait, le message lui passerait clairement par-dessus la tête, et il retournerait gaiement demander à sa voisine de RER si elle peut le sucer. N’ayant pas été culpabilisé depuis sa tendre enfance à propos de sa virilité prétendument violente, il peut, contrairement à Augustin, être réellement violent dans ses propos et ses actes à l’encontre des femmes sans déclencher cette auto-censure propre aux classes moyennes blanches de France. Les femmes restent des proies légitimes dans la rue, certes, mais il est mensonger de faire croire qu’elles le sont pour toute la population. Je pose la question en demandant à toutes les féministes intersectionnelles de se demander en toute honnêteté : préféreriez-vous vous promener tard le soir, légèrement vêtue, à Sevran ou à Saint-Germain-des-Prés ? Si personne ne pouvait entendre votre réponse, vous savez très bien laquelle vous choisiriez.

Systématiquement, c’est le jeune mâle blanc qui est choisi pour représenter l’archétype du harceleur. Admirez le dernier clip du ministère des droits des femmes :

On se retrouve donc avec les garçons bien éduqués et sympathiques, ceux qui auraient potentiellement le plus de chance de succès dans la drague de rue, ne jamais tenter quoi que ce soit dans l’espace public, craignant de paraître lourds. Augustin ne veut pas correspondre à l’archétype du mâle Blanc, hétérosexuel, cis-genre et, par extension, lourd et détestable, que les Ultra-féministes s’empressent de honnir. De l’autre côté du prisme, on a des gosses élevés dans des valeurs très patriarcales, qui s’en tamponnent de ne pas respecter les délirants désirs d’associalité totale des féministes.

Le profil type du harceleur de rue à l'affut de sa proie selon les féministes
Le profil type du harceleur de rue à l’affût selon les féministes

La situation est donc la suivante : les seuls et uniques hommes qui parlent aux femmes dans la rue, ce sont les pires. Et grâce aux campagnes de prévention, ceux qui pourraient relever le niveau en apportant un peu de plaisir partagé au concept de drague de rue s’abstiennent.

Selon le magazine Elle, la harcèlement de rue, c'est Jean-Blondinet qui t'offre des fleurs
Selon le magazine Elle, le harcèlement de rue, c’est Jean-Blondinet qui t’offre des fleurs. Cliquez ici, ça n’est pas une blague.

En fonçant tête baissée dans des campagnes à la gloire de la toute-puissante bien-pensance, croyant créer un safe space urbain pour les femmes, Madame Rossignol tombe complètement à côté de la plaque et nous, comme de coutume, en payons les frais.