Peggy Sastre : “Si les femmes sont plus petites que les hommes, ce n’est pas à cause du steak”

Josh Edelson / AFP (via Slate)

« Con­nais­sez-vous le patri­ar­cat du steak ? Sans doute pas en ces ter­mes-là, vu que j’ai inven­té la for­mule (elle est copy­left), mais si je vous dis que les femmes sont plus petites que les hommes parce qu’elles ont été privées de viande depuis des mil­lé­naires, cela vous met-il mieux la puce à l’or­eille ?» L’au­teure de cette théorie « affirme l’avoir con­cep­tu­al­isée parce qu’il “n’y avait pas d’hypothèse con­va­in­cante du point de vue des sci­ences de l’évolution pour expli­quer le dimor­phisme sex­uel de stature dans l’espèce humaine”. Ce qui n’est pas tout à fait vrai. Pour expli­quer la dif­férence de taille moyenne entre hommes et femmes, les sci­ences de l’évo­lu­tion conçoivent, for­mu­lent et affinent depuis près de 150 ans des théories qui sont plus “con­va­in­cantes” que cette hypothèse de ségré­ga­tion ali­men­taire. »

Pour son dernier arti­cle sur Slate, la jour­nal­iste sci­en­tifique Peg­gy Sas­tre s’est entretenue avec plusieurs spé­cial­istes en biolo­gie évo­lu­tive. Elle décor­tique métic­uleuse­ment les prin­ci­paux argu­ments avancés par les ten­antes de la théorie selon laque­lle la dif­férence de taille entre hommes et femmes serait le pro­duit d’une con­struc­tion sociale.

L’ar­ti­cle est à décou­vrir dans son inté­gral­ité en cli­quant sur ce lien. Il apporte un pré­cieux com­plé­ment d’in­for­ma­tions à l’ar­ti­cle que nous avons récem­ment pub­lié sur le sujet.

Notre arti­cle avait été vio­lem­ment attaqué par Samuel Lau­rent, respon­s­able des Décodeurs au jour­nal Le Monde, et par Valentin Graff, jour­nal­iste chez Libé Dés­in­tox. A coups de grossiers amal­games et d’at­taques per­son­nelles, ces pro­fes­sion­nels du fact-check­ing ont ten­té de dis­créditer Bel­li­ca en mul­ti­pli­ant les tweets incen­di­aires. Leur pro­pos n’é­tait nulle­ment d’ap­porter un éclairage sur ce débat sci­en­tifique et poli­tique. Samuel Lau­rent recon­nais­sait la valid­ité de l’ar­ti­cle sur le fond et Valentin Graff admet­tait ne “pas avoir eu le temps de le lire en entier”. Il s’ag­it vraisem­blable­ment d’un con­tre-feu allumé à la va-vite. Notre arti­cle pointait du doigt le rôle de Libé et du Monde dans la prop­a­ga­tion d’une fake news sci­en­tifique, et il avait été partagé par plusieurs jour­nal­istes : Géral­dine Woess­ner (Europe 1), Nat­acha Polony (Le Figaro), Brice Cou­turi­er (France Cul­ture) et Héloïse de Neuville (Chal­lenges). Il leur fal­lait riposter pour semer le trou­ble et met­tre la pres­sion sur les jour­nal­istes ayant eu l’outre­cuid­ance de partager un arti­cle de blog qui leur appa­rais­sait intéres­sant.

Out­re la qual­ité intrin­sèque de son argu­men­ta­tion, l’ar­ti­cle de Peg­gy Sas­tre sur le dimor­phisme sex­uel présente l’in­térêt d’être partage­able sur vos réseaux soci­aux sans (trop) ris­quer de vous attir­er la vin­dicte de fact-checkeurs vexés.

 

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