Tu seras une Femme, ma fille.

A force de nous avoir martelé depuis des années tout et son con­traire sur ce que doit être la Femme aujour­d’hui, en terme de physique, de men­tal­ité, de mœurs et j’en passe… et après nous avoir ser­iné sur ce que doivent être ses préoc­cu­pa­tions et cen­tres d’in­térêts prin­ci­paux… on a juste envie de dire stop. Non pas au nom d’un antifémin­isme pri­maire, mais peut-être plus sim­ple­ment et hum­ble­ment au nom du bon sens.

Pre­mière­ment, parce que créer des mod­èles ex nihi­lo, sans con­te­nance ni âme, ni même réal­ité tan­gi­ble, et nous en abreuver ne prend plus.

Et deux­ième­ment, parce qu’é­tant d’une généra­tion (X, Y, Z?!) qui a ten­dance à tout remet­tre en ques­tion, nous avons décidé d’u­tilis­er notre intel­li­gence pour nous réap­pro­prier cer­tains domaines, comme de grandes per­son­nes.

Voici donc quelques petites notions essen­tielles par lesquelles com­mencer. Encore une fois, l’idée n’est pas de faire le procès de grands con­cepts, mais plutôt d’essayer d’être lucide et un peu ancrée dans la réal­ité d’aujourd’hui.

Pour que notre époque aille mieux, nous avons besoin que les Femmes soient des Femmes adultes. Tout comme nous aspirons à ce que les Hommes rede­vi­en­nent des Hommes. Je pré­cise qu’être adulte n’est ni une insulte ni une patholo­gie incur­able.

Être fémi­nine et antifémin­iste ne fait pas de vous une Femme adulte :

Le fémin­isme et l’an­tifémin­isme ont fait leur temps. A l’in­star de ces sem­piter­nelles phras­es toutes faites et toutes aus­si gal­vaudées, “moi je ne suis pas fémin­iste, je suis fémi­nine”. Après avoir décon­stru­it plus d’une fois tous ces mod­èles, on sait très bien ce qu’il faut garder ou jeter. Certes, s’apprêter est une très bonne chose, là n’est pas la ques­tion, mais mal­heureuse­ment, comme très sou­vent, on occulte le plus impor­tant, c’est à dire le fond. Une très belle femme peut demeur­er une coquille vide, à par­tir du moment où elle con­sid­èr­era que son physique est sa seule plus-val­ue, la seule chose qui soit impor­tante et cul­tivée chez elle. La Femme adulte quant à elle n’est pas locataire de son corps, bien au con­traire, elle cherche à se com­pren­dre, à se con­naître, elle s’é­coute, c’est pourquoi elle ne s’y réduit pas mais sait en pren­dre soin.

Une Femme adulte sait que la beauté est rel­a­tive et surtout éphémère, rien ne sert de miser son exis­tence là-dessus, ce qui compte c’est sa sin­gu­lar­ité. Qu’est ce qui me réus­sit, dans quoi puis-je m’ex­primer per­son­nelle­ment, sociale­ment, quel est mon rôle, qu’est-ce qui me per­met de ray­on­ner et d’ap­porter ma petite pierre à l’éd­i­fice ?

Elle utilise son corps ET son esprit de manière har­monieuse pour s’ac­com­plir.

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Elle n’es­saie pas d’être un homme ou une poupée.

Au dia­ble la sen­si­b­lerie et le « bisounour­sisme » : vive la vraie sen­si­bil­ité

Grâce aux mag­a­zines féminins et à ce que véhicu­lent les grandes chaînes, on remar­que que la Femme d’aujourd’hui sem­ble réguler sa vie grâce à des réflex­es bien con­di­tion­nés, presque automa­tiques. Tous les 6 mois elle fait les sol­des, dès l’automne elle pré­pare les fêtes, à Noël elle entame la détox, et au print­emps le sport en vue de ren­tr­er dans son mail­lot de rêve. Bref, plus avachi dans le con­sumérisme et la banal­ité de l’existence tu meurs. Ah oui, et entre temps, elle lit des romans de piètre qual­ité parce que sa vie privée et pro­fes­sion­nelle l’en­nuie. Eduquée à fonc­tion­ner à l’émotionnel unique­ment, elle est com­plète­ment insta­ble, con­tra­dic­toire, illogique et incon­séquente dans ses réac­tions.

Une fois de plus, il est néces­saire de rap­pel­er que même si la femme peut être con­sid­érée comme plus intu­itive ou instinc­tive que l’homme (et encore…), elle n’est pas pour autant oblig­ée d’être vic­time de ses réac­tions épi­der­miques ou hor­monales démesurées. La Femme adulte fait preuve de sen­si­bil­ité et ne suc­combe pas à la sen­si­b­lerie ou au « bisounour­cisme » omniprésents dans notre société. Sa crise d’ado­les­cence est ter­minée, elle a arrêté de bouder,de se vex­er ou de s’én­erv­er à chaque imprévu. Elle peut égale­ment être mesurée, altru­iste, détachée et prag­ma­tique, voire par­venir à penser par elle-même, n’en déplaise à beau­coup de rédac­tri­ces de mag­a­zines d’ailleurs.

Indépen­dance n’est pas arro­gance

La Femme adulte ne pense pas que tout lui est dû, ni qu’elle est le cen­tre du monde. Au con­traire, elle sait appréci­er ce qu’on fait pour elle car elle con­naît la valeur, tant sen­ti­men­tale que pécu­ni­aire, des choses. Son indépen­dance finan­cière ne la rend pas aigrie (nor­male­ment!), ou ne la fait pas cul­pa­bilis­er. C’est sim­ple­ment qu’elle ne con­fond pas tous les plans et n’ap­préhende pas de la même manière sa vie pro­fes­sion­nelle et sa vie per­son­nelle. D’ailleurs, il faut arrêter de croire que les femmes indépen­dantes, finan­cière­ment, sont for­cé­ment des soli­taires (qui est un trait de car­ac­tère ou un tem­péra­ment) ou des femmes inac­ces­si­bles. Certes, force est de con­stater que la Femme est hyper­game, au départ pour des raisons biologiques et évo­lu­tives, hyper­gamie incon­sciem­ment pro­jetée aujour­d’hui sur le plan social (intérêt pour les diplômés, les puis­sants, etc…), ce n’est pas bien ou mal, c’est un fait. Cette don­née est cru­ciale pour expli­quer que cer­taines femmes ayant de “bons postes” soient céli­bataires.

Nonob­stant, plutôt que de se mor­fon­dre dans un céli­bat subi, je dirais que les femmes con­sid­érées, ou qui se con­sid­èrent, comme “trop” (belles, rich­es, intel­li­gentes, grandes, petites…), devraient pren­dre l’ini­tia­tive en ter­mes rela­tion­nels.

Cela n’a rien de dégradant, tout dépen­dra tou­jours de la manière et de la per­son­ne vers qui vous vous dirigez.

L’art de manier intel­li­gence et bon sens :

Comme beau­coup de femmes de ma généra­tion, nous avons eu accès aux études supérieures. Grande péri­ode au cours de laque­lle on peut s’en­ten­dre dire que“nous sommes l’élite”.  Même si cette affir­ma­tion m’avait tou­jours lais­sée dubi­ta­tive, j’ai pu remar­quer que chez beau­coup de mes cama­rades elle son­nait comme une évi­dence. Eh oui, en France, dès qu’on passe le Bac de toute manière on est intel­li­gent, c’est tout. Le prob­lème, c’est que l’in­tel­li­gence d’au­jour­d’hui est toute rel­a­tive et surtout, c’est une intel­li­gence très égo­tique et très sou­vent abstraite. Les Idées, c’est bien, mais il ne faut pas pour autant mépris­er le Réel. La Femme adulte sait donc faire la part des choses entre ce qu’on lui enseigne et la vraie vie. Comme elle n’aspire pas à devenir une pseu­do-intel­lectuelle uni­ver­si­taire de façade, ce qui la rendrait par­ti­c­ulière­ment ennuyeuse, arro­gante et méprisante, elle préfère faire con­fi­ance à son intu­ition, sa sin­gu­lar­ité et son bon sens, au lieu de se per­dre dans un monde abstrait et dés­in­car­né.

Le petit plus, c’est que très sou­vent, elle a de l’hu­mour, preuve ultime s’il en est, de lucid­ité intel­lectuelle.

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La Femme adulte est exigeante car non inter­change­able

Elle est exigeante avec elle-même mais aus­si avec son entourage parce qu’elle est con­sciente de sa valeur. De ce qu’elle peut apporter et de ce que les Autres lui appor­tent. Pour autant, elle s’est entière­ment dépar­tie de l’idée d’é­galer un homme et ne s’en porte pas plus mal puisque son champ d’ac­tion n’en n’est pas plus réduit, bien au con­traire, et elle le sait.

En fait, un Femme adulte est juste une femme avec un grand F.

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“…parce que seules les femmes de Sparte met­tent au monde des hommes dignes de ce nom.”

Autre article de Anne Sophie La Gauffrette

Tu seras une Femme, ma fille.

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