Agressions : “Pour la première fois, ma compagne souhaite que nous quittions le quartier” l’élu Pierre Liscia témoigne

“Je ne veux pas que notre enfant gran­disse ici, au milieu des immondices, de la crasse, de la drogue et de la vio­lence, sans jamais pou­voir aller au parc puisque tous nos parcs sont squat­tés par des tox­i­cos et des deal­ers”. La com­pagne de Pierre Lis­cia, élu du XVI­I­Ie arrondisse­ment, est enceinte et ne sup­porte plus ni les agres­sions, ni le har­cèle­ment. Cette femme de gauche qui “n’a jamais cédé ni à la peur ni au sen­ti­ment d’in­sécu­rité” est aujour­d’hui à bout. Dans le nord de Paris en effet, le quo­ti­di­en des femmes ressem­ble de plus en plus à un épisode de The Walk­ing Dead. Sur Twit­ter, l’élu a pub­lié le témoignage suiv­ant :

“Ces derniers temps, je ne me sens plus en sécu­rité. J’ai peur.“Pour la pre­mière fois, ma com­pagne souhaite que nous quit­tions le quarti­er.

J’habite à Paris. Ma com­pagne est enceinte. Et aujour­d’hui, elle a peur. Elle a peur quand elle va allant tra­vailler et qu’elle se retrou­ve au milieu d’une dizaine de tox­i­co­manes qui occu­pent les quais du métro Marx Dor­moy dès 8h du matin.

Peur de se retrou­ver au milieu d’une énième rixe entre trafi­quants et vendeurs à la sauvette et de ris­quer d’y être à nou­veau bous­culée, comme ce fût le cas il y a une dizaine de jours.

Cet après-midi, je l’ai accom­pa­g­née en voiture à la mater­nité. Angois­sée à l’idée de pass­er par la Porte de La Chapelle, notre itinéraire habituel, j’ai fait un détour. Avec la “colline du crack”, la Porte de La Chapelle est devenu un véri­ta­ble enfer.

Ce soir, nous sommes allés din­er vers Pigalle. En ren­trant, les sta­tions Mar­cadet et Marx Dor­moy étaient lit­térale­ment envahies de tox­i­co­manes. Dans la rame, un homme s’est assis à côté d’elle et a allumé sa pipe à crack.

En sor­tant de la rame, un autre nous a inter­pel­lé en bal­bu­tiant des phras­es incom­préhen­si­bles. Il était par­ti­c­ulière­ment agres­sif. J’ai sen­ti ma com­pagne tres­sail­lir quand il a ten­du vers nous sa main pleine de sang.

Dans la rue, un homme nous a suivi sur une cinquan­taine de mètre pour nous deman­der d’abord si nous atten­dions une fille ou un garçon, avant de se mon­tr­er plus oppres­sant pour nous réclamer de l’ar­gent.

En arrivant chez nous, ma com­pagne me dit : “Je ne veux pas que notre enfant gran­disse ici, au milieu des immondices, de la crasse, de la drogue et de la vio­lence, sans jamais pou­voir aller au parc puisque tous nos parcs sont squat­tés par des tox­i­cos et des deal­ers”.

Ma com­pagne est de gauche.

Pas une social­iste. Juste une jolie Parisi­enne de gauche ten­dance éco­lo-quinoa-Nat­u­ralia. Elle a tou­jours aimé notre quarti­er, certes dif­fi­cile, mais qui a un cer­tain charme. Elle n’a jamais cédé ni à la peur ni au sen­ti­ment d’in­sécu­rité.

J’habite à Paris.

Ce soir, pour la pre­mière fois, ma com­pagne veut quit­ter notre quarti­er parce qu’elle ne s’y sent plus en sécu­rité : elle a peur pour elle et pour notre bébé.

Franche­ment. Qui peut le lui reprocher ?
Et vous Anne Hidal­go, qu’en pensez-vous ?

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