Cologne : comment la police a empêché une vague d’agressions sexuelles

Un an après les centaines d’agressions sexuelles du nouvel an à Cologne, la police allemande a déployé les grands moyens pour éviter une nouvelle nuit de l’horreur. Les effectifs policiers ont été multipliés par dix par rapport à l’an passé et des centaines de contrôles ont été effectués pour assurer la sécurité des femmes.

 

Cologne bouclée par la police : 650 hommes contrôlés

Ce sont près de 1500 policiers et 600 per­son­nels de sécu­rité qui ont quadrillé le cen­tre-ville de Cologne dans la nuit du 31 décem­bre. L’an passé, ils n’étaient que 150 et avaient été rapi­de­ment sub­mergés par la vague de vols, agres­sions, atteintes sex­uelles et vio­ls. Les gares de Cologne et Deutzer ont fait l’objet d’une atten­tion toute par­ti­c­ulière : 650 hommes, dont la majorité était orig­i­naire d’Afrique du Nord, ont été con­trôlés à leur arrivée en gare. D’après la police, 190 hommes se sont vus refuser l’accès aux fes­tiv­ités et 92 hommes ont été placés en garde à vue. 300 hommes descen­dus d’un même train ont été con­trôlés un à un par la police. Une quar­an­taine de caméras de sur­veil­lance ont été instal­lées pour faciliter le tra­vail de la police.

 

Discriminer pour protéger les femmes ?

Jur­gen Math­ies, le chef de la police locale, n’a pas caché que les con­trôles visaient prin­ci­pale­ment les hommes d’origine nord-africaine. Vers 23h, le compte Twit­ter de la police de Cologne indi­quait que « de nom­breux Nafris (NDLR : « Maghrébins » en alle­mand) ont été con­trôlés à la gare cen­trale ».

 

 

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Ce ciblage eth­nique n’a pas man­qué de sus­citer l’indignation. Pour Christo­pher Lauer, du Par­ti social-démoc­rate (SPD), « le fait de cibler ain­si plusieurs cen­taines de per­son­nes revient à stig­ma­tis­er une cer­taine caté­gorie de la pop­u­la­tion selon son apparence ». Dimanche soir, Jür­gen Math­is a déploré lors d’une con­férence de presse la for­mu­la­tion du tweet de la police mais a rejeté les accu­sa­tions de racisme : « l’enjeu, c’était de faire en sorte que les événe­ments de l’an dernier ne se repro­duisent pas ».

Bilan : une nouvelle « nuit de la honte » évitée

Les mesures inédites de la police alle­mande ont sem­ble-t-il porté leurs fruits. L’an passé, un mil­li­er de plaintes rel­a­tives au Nou­v­el an de Cologne avaient été déposées, dont près de 300 pour agres­sions sex­uelles et plusieurs pour vio­ls. Les témoignages des vic­times, qui met­taient prin­ci­pale­ment en cause des hommes d’origine nord-africaine, avaient révélé des scènes apoc­a­lyp­tiques :

« À la gare, plusieurs hommes rassem­blés en groupes agres­saient sex­uelle­ment des femmes. Beau­coup d’entre elles tombaient au sol et elles étaient traînées par les jambes. J’ai même vu com­ment ils sont par­venus à retir­er la culotte de l’une d’entre elles. Je n’ai pas vite peur mais j’ai quand même quit­té la gare en panique » (7/7)

« Per­son­ne n’a jamais vu une chose pareille. Les hommes se jetaient sur les femmes comme si nous avions été du bétail. J’ai dû marcher 200 mètres le long du quai à la descente du train. Je crois qu’on m’a tripotée 100 fois, qu’on m’a mis 100 fois la main aux fess­es ou sur les seins. » (Libéra­tion)

Cette année, le chiffre des plaintes pour agres­sions sex­uelles à Cologne était de 10, et aucun viol n’a été rap­porté, au prix d’un déploiement polici­er sans précé­dent.

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