En Russie, Yelena Mizulina fait voter la dépénalisation des violences conjugales

Yelena Mizulina (AP Photo/Alexander Zemlianichenko)

Le par­lement russe est en passe de dépé­nalis­er les vio­lences con­ju­gales au nom de la défense de la famille tra­di­tion­nelle. L’in­sti­ga­trice de cette propo­si­tion ? Une femme, Yele­na Mizuli­na, députée ultra-con­ser­va­trice et prési­dente du comité sur la famille et les affaires féminines.

Jeu­di 12 jan­vi­er, en pre­mière lec­ture, le pro­jet de sup­primer les charges de vio­lences con­ju­gales du code pénal russe a rem­porté 368 voix sur 370 : un député a voté con­tre, l’autre s’est abstenu. “Les sanc­tions pénales [pour coups et blessures] ne doivent pas con­tredire le sys­tème de valeurs sur lequel repose notre société”, a plaidé Yele­na Mizuli­na dans son dis­cours à la Douma. Pour la députée, il s’ag­it avec cette mesure de préserv­er “la tra­di­tion de l’au­torité parentale” et d’éviter “que les gens soient empris­on­nés pen­dant deux ans et éti­quetés comme des crim­inels pour le reste de leur vie pour une gifle.”

Le com­bat de Yele­na Mizuli­na remonte à juil­let 2016, lorsque la Russie s’est pour la pre­mière fois dotée d’une lég­is­la­tion spé­ci­fique con­cer­nant les vio­lences domes­tiques. Depuis cet été, l’ar­ti­cle 116 du code pénal relatif aux voies de fait intè­gre la notion de “proches” : les par­ents, le con­joint, les frères et soeurs du sus­pect. Un fait divers a per­mis à Yele­na Mizuli­na de point­er du doigts le dan­ger que fait plan­er selon elle le nou­veau cadre lég­is­latif sur la famille tra­di­tion­nelle russe : l’his­toire d’une mère de famille pour­suiv­ie pour avoir giflé sa fille de 17 ans qui lui avait volé de l’ar­gent pour fuguer.

D’après Ter­rafem­i­na, cette nou­velle loi pour­rait pra­tique­ment sup­primer “toute pos­si­bil­ité pour les vic­times de vio­lences con­ju­gales ou famil­iales de porter plainte con­tre leur agresseur. Les coups qu’elles ont subis seraient rétro­gradés en sim­ple amende et leurs bour­reaux ne feraient l’ob­jet de pour­suites que si les coups famil­i­aux avaient lieu plus d’une fois par an.”

Selon les sta­tis­tiques offi­cielles, chaque année en Russie, 36 000 femmes sont battues par leur con­joint et 40% des crimes sont com­mis dans la sphère famil­iale.

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