L’escrime, affirmation noble du corps et de l’esprit

Dali et Gala (Cecil Beaton, Vogue, Novembre 1936)

Sport rel­a­tive­ment peu pra­tiqué en France et pour­tant joy­au du pat­ri­moine cul­turel français (le français en est d’ailleurs la langue offi­cielle), l’escrime, avec ses trois armes util­isées (fleuret, épée et sabre), a pour­tant de quoi en séduire plus d’un(e).

Tirant ses orig­ines d’un passé loin­tain où le duel deve­nait un fléau qui néces­si­tait d’être régle­men­té en rai­son du trop grand nom­bre de décès faute de maîtrise tech­nique de com­bat -on appelait ces fameux embrochages mutuels « le coup des deux veuves »-, elle est l’objet d’une rigoureuse cod­i­fi­ca­tion qui remonte au XVI­Ie siè­cle, ren­dant par­fois l’arbitrage com­plexe (un point ne peut être rem­porté que si l’on a le droit d’attaque et que l’on touche une zone val­able), mais fait revivre l’espace d’un assaut le respect de l’étiquette dont fai­saient preuve les gen­til­shommes.

Notons qu’une philoso­phie plus pro­fonde se dégage du duel au pre­mier sang : il s’agit en un seul geste de prou­ver sa supéri­or­ité tech­nique sur son adver­saire tout en épargnant sa vie du haut de sa mag­na­nim­ité, met­tant ain­si fin au dif­férend causé. On pour­rait estimer que la valeur uni­verselle pro­mue ici est donc la noblesse, au sens large du terme. Car en appar­tenant à la noblesse, il fal­lait à chaque sec­onde s’en prou­ver digne.

Et la noblesse s’accompagne néces­saire­ment de l’élé­gance, presque syn­onyme ici. Out­re l’esthétique indis­cutable des assauts, que ce soit aux Jeux Olympiques ou dans n’importe quel club, l’escrime forme des corps à la fois sou­ples et sveltes, soulignés par l’élégance sobre des tenues régle­men­taires. Je par­lerais égale­ment d’une cer­taine esthé­tique dans le charme intim­i­dant de se retrou­ver en face à face avec un adver­saire dont le vis­age nous est incon­nu.

Sport qui con­vient aus­si bien aux hommes qu’aux femmes, l’escrime promeut l’agilité, la dex­térité et la stratégie plutôt que la force physique. Il s’agit en ce sens d’un sport cérébral : à l’image des échecs, il invite à pré­par­er des attaques en ten­ant compte du pro­fil de son adver­saire.

A quelques pas de la fontaine Saint-Michel se trou­ve la plus anci­enne salle d’armes de Paris, rue Gît-Le-Cœur. Indépen­dante et respectueuse de ses tra­di­tions, une salle d’armes comme nulle autre, qui vous fera faire un bond dans le temps.

Site inter­net de la salle d’armes Couduri­er : www.salledarmescoudurier.org

Infos pra­tiques :

6, rue Gît-le-Coeur

75006 Paris

M° Saint-Michel  et Odéon

Tel : 01 43 54 49 97

 

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