La vidéo virale d’une féministe aspergeant des hommes de javel était en fait un coup monté

Dans le métro de Saint Péters­bourg, une jeune femme se dirige vers un homme assis sur un siège et l’asperge de jav­el diluée dans de l’eau. La scène se répète plusieurs fois et vise à chaque fois des hommes assis dans leur coin, qui ne dérangent per­son­ne. Cette vidéo est cen­sée mon­tr­er l’ac­tion rad­i­cale d’une fémin­iste extrémiste en lutte con­tre le “manspread­ing”, cette habi­tude mas­cu­line con­sis­tant à écarter trop large­ment les jambes dans les lieux publics. Elle compt­abilise plusieurs dizaines de mil­lions de vue sur la toile, si l’on addi­tionne tous les médias, blogs et comptes divers l’ayant relayée pour point­er du doigt le fémin­isme extrémiste. Sauf qu’en réal­ité, les hommes aspergés de “jav­el” ont été payés pour jouer le rôle de vic­time.

La vidéo est dev­enue virale lorsqu’elle a été postée sur la chaîne dig­i­tale In The Now, fil­iale anglo­phone de la chaîne Rus­sia Today, financée par le gou­verne­ment russe. In The Now est une sorte d’équiv­a­lent russe d’AJ+, fil­iale anglo­phone et fran­coph­o­ne de la chaîne qatarie Al Jazeera. Dans les deux cas, il s’ag­it de chaînes liées à des régimes autori­taires dif­fu­sant des vidéos virales à des­ti­na­tion des jeunes occi­den­taux. Ces chaînes per­me­t­tent de dif­fuser indi­recte­ment un mes­sage poli­tique en util­isant les codes et les thèmes du nou­veau pub­lic-cible occi­den­tal.

Inti­t­ulée “COMBATTRE LE MANSPREADING … A LA JAVEL !”, la vidéo a réal­isé 6,4 mil­lions de vues via In The Now. La vidéo a égale­ment fait 2,6 mil­lions de vues sur le Face­book de BFM TV.

 

 

Le mag­a­zine en ligne saint-péters­bour­geois Buma­ga a retrou­vé Stanislav Kurin, l’un des hommes attaqués à la Jav­el dans la vidéo, et l’a inter­rogé : il déclare avoir été payé pour jouer un rôle de vic­time dans la vidéo et pré­cise même avoir util­isé un pan­talon de rechange pour tourn­er la scène deux fois.

Autre élé­ment trou­blant : le pro­fil d’An­na Dov­ga­lyuk, la mil­i­tante à l’o­rig­ine de la vidéo. Celle-ci nie toute mise en scène et clame avoir réal­isé cette vidéo “pour les droits des femmes”, mais dans le même temps, elle refuse de se définir comme fémin­iste et en mars dernier, elle a publique­ment affiché son sou­tien à Vladimir Pou­tine. Anna Dov­ga­lyuk est égale­ment proche du fon­da­teur de l’a­gence de pro­duc­tion de vidéos virales My Duck’s Vision, Yury Degt­yarev. L’a­gence en ques­tion avait dif­fusé son précé­dent hap­pen­ing en octo­bre 2017, inspiré des Femen.

Enfin, le média russe Sput­nik s’é­tonne que la police de Saint-Péters­bourg n’ait reçu aucun sig­nale­ment.

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