Un magazine féminin invente un nouveau complexe et devient la risée du net

En réac­tion à un nou­veau com­plexe physique inven­té de toutes pièces par La Parisi­enne, les inter­nautes ont rival­isé d’hu­mour.

Tout est par­ti d’un énième arti­cle de con­seils beauté du mag­a­zine féminin . “Com­ment élim­in­er le fameux “pli” sous la fesse ?”, a titré dimanche La Parisi­enne, avec une image d’il­lus­tra­tion qui laisse pour le moins per­plexe. Après avoir dia­bolisé les cuiss­es qui se touchent avec la mode du “thigh gap” (espace entre les cuiss­es), la presse fémi­nine déclare la guerre au “pli sous la fesse”. La riposte des twit­telles et twiteaux ne s’est pas fait atten­dre.

Sur le hash­tag  #Tweet­eCom­me­La­Parisi­enne, les par­o­dies d’as­tuces beauté se sont mul­ti­pliées.

Nous n’avons pas pu nous empêch­er de met­tre notre grain de sel…

… ce qui a inspiré un poète :

La Parisi­enne a ten­té d’esquiver les moqueries en mod­i­fi­ant son titre : “pli” est rem­placé par “bour­relet”, his­toire de soulign­er com­bi­en cette par­tie du corps est indésir­able. Bien ten­té, mais la men­tion du “pli” est restée dans l’URL de l’ar­ti­cle.

Dans cet arti­cle truf­fé d’af­fir­ma­tions pseu­do-expertes, le pli porte l’é­trange nom de “banane sous-fes­sière”. Au risque d’en­fon­cer une porte ouverte, rap­pelons qu’il s’ag­it tout sim­ple­ment de la démar­ca­tion entre la fesse et la cuisse, plus ou moins nette selon la mor­pholo­gie et le taux de masse grasse. Le pli est un élé­ment nor­mal de l’anatomie fémi­nine : sta­tis­tique­ment, le pour­cent­age de masse adipeuse est plus élevé chez les femmes que chez les hommes et les femmes ont ten­dance à stock­er la graisse au niveau des fess­es et des cuiss­es.

Cette his­toire ridicule est l’oc­ca­sion de rap­pel­er que la fesse char­nue fait par­tie du pat­ri­moine artis­tique européen. Selon Clé­ment d’Alexan­drie, les Grecs ont même con­sacré un tem­ple à Aphrodite Cal­lipyge ( “Aux belles fess­es, du grec καλός / kalόs = « bon, beau » et πυγή / pugế = « fesse ») dans la ville de Syra­cuse (Sicile). Dans la stat­u­aire antique, la Vénus Cal­lipyge est un type pré­cis de stat­ue, qui représente tou­jours la déesse soule­vant son pép­los pour con­tem­pler son superbe fessier par-dessus son épaule.

Vénus cal­lipyge, Musée archéologique nation­al de Naples (Wiki­me­dia).

La Vénus aux belles fess­es con­tin­ua d’in­spir­er les artistes au fil des siè­cles.

Vénus cal­lipyge (1683–1686), de François Barois, au musée du Lou­vre (Wiki­me­dia).
Les Trois Grâces, par Raphaël, 1505, Musée Condé (Wikimé­dia)
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