Parmi les 120 femmes victimes de féminicide en 2018, un tiers avait porté plainte ou déposé une main courante, révèle une enquête

Commissariat de secteur du 8e arrondissement de Lyon (Wiki Commons)

Par­mi les 120 femmes tuées en 2018, un tiers s’é­tait déjà ren­du à la police pour dépos­er une plainte ou une main courante. C’est ce que révèle une enquête menée par un groupe de jour­nal­istes du Monde. “Dans ces affaires, moins de témoins sont enten­dus et les véri­fi­ca­tions sont plus rares que dans d’autres dossiers de droit com­mun”, expliquent les jour­nal­istes. La pub­li­ca­tion de cette enquête inter­vient dans le con­texte du Grenelle des vio­lences con­ju­gales lancé par Mar­lène Schiappa.

La Secré­taire d’é­tat à l’é­gal­ité entre les femmes et les hommes a annon­cé un plan d’ac­tion pour l’amélio­ra­tion de l’ac­cueil en com­mis­sari­ats des vic­times de vio­lences de conjugales.

Plusieurs asso­ci­a­tions et spé­cial­istes du sujet pointent néan­moins des insuff­i­sances. Le gou­verne­ment ne reprend que très par­tielle­ment la série de mesures pro­posées cet été dans une péti­tion par le juge Luc Frémiot et des familles de vic­times de fémini­cides. Le col­lec­tif récla­mait les mesures suivantes :

  • L’in­scrip­tion du terme “fémini­cide” dans le code pénal, en tant que crime machiste et sys­témique : ces femmes sont tuées parce qu’elles sont des femmes par des hommes qui pensent avoir un droit de vie ou de mort sur elles.”
  • “Mise en place de sanc­tions pour les mem­bres des forces de l’or­dre qui man­quent à leur devoir en ne prenant pas en compte la parole des femmes qui leur sig­na­lent des vio­lences dans leur couple.”
  • “Une for­ma­tion pour les policiers et les gen­darmes (…) Créa­tion d’un mod­ule “vio­lence con­ju­gale et fémini­cide” lors de la for­ma­tion ini­tiale des policiers et des gen­darmes, ain­si qu’une for­ma­tion de rat­tra­page pour les mem­bres des forces de l’or­dre aujour­d’hui en poste.”
  • Mise en place d’une com­mu­ni­ca­tion régulère entre la gen­darmerie, la police échangent bien et les asso­ci­a­tions spé­cial­siées dans les vio­lences conjugales. 
  • Ren­dre pos­si­ble “l’ou­ver­ture immé­di­ate d’une procé­dure lorsqu’un témoin vient sig­naler qu’une femme subit des vio­lences. Nous rap­pelons qu’il est extrême­ment dif­fi­cile pour ces femmes de se ren­dre dans un commissariat.”
  • “Créa­tion d’au moins une unité médi­co-judi­ci­aire dans tous les départe­ments français afin d’ac­com­pa­g­n­er et soutenir les victimes.”
  • “Met­tre en place une mesure d’éloigne­ment du domi­cile, avec port du bracelet élec­tron­ique oblig­a­toire, pour les auteurs de vio­lences con­ju­gales, et ce dès la pre­mière condamnation.”
  • “Créa­tion de foy­ers des­tinés à ces hommes, où ils pour­raient suiv­re des thérapies”. 
  • “Con­fis­quer aux auteurs de vio­lences con­ju­gales leurs armes à feu ou armes blanch­es et faire des deman­des de rap­a­triement immé­di­at des assas­sins qui quit­tent le ter­ri­toire pour échap­per à leur peine.”
  • “En Espagne, des tri­bunaux spé­ci­fique­ment dédiés aux vio­lences con­ju­gales ont été créés, pourquoi ne pas s’en inspirer ?”
  • “La déchéance de l’au­torité parentale pour le con­joint assas­sin ; si les droits parentaux sont main­tenus, les vis­ites doivent être faites sous la sur­veil­lance d’une tierce per­son­ne ; relever les enfants majeurs de leur “oblig­a­tion ali­men­taire” envers leur par­ent assassin.”
  • Il est égale­ment néces­saire, out­re les enfants, de mieux pren­dre en charge les proches et cela passe par plusieurs mesures : la recon­nais­sance du statut de vic­time pour les familles de vic­times de fémini­cide, au même titre que les familles de vic­times d’at­ten­tat ter­ror­iste, et la créa­tion d’un ser­vice d’E­tat dédié au sou­tien psy­chologique, à l’as­sis­tance juridique et admin­is­tra­tive de ces familles.”
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