Pour l’ex-Premier Ministre malaisien, les attentats islamiques sont dus aux “femmes européennes” qui “portent des strings à la plage”

En réac­tion à la nou­velle vague d’at­ten­tats musul­mans qui frappe la France, Mahathir Mohamad, ex-Pre­mier Min­istre de la Malaisie, s’est exprimé publique­ment pour accuser les femmes européennes en string à la plage d’être respon­s­ables de ces atten­tats. Dans un texte inti­t­ulé “Respectez les autres”, pub­lié sur son compte Twit­ter offi­ciel, Mahatir Mohamad a expliqué que c’é­taient les Occi­den­taux qui étaient respon­s­ables de leurs égorge­ments et que la seule solu­tion pour faire cess­er le ter­ror­isme islamique en France était la soumis­sion à l’is­lam. Pour lui, les atten­tats ont lieu parce que les Occi­den­taux “man­quent de respect” aux Musul­mans, et l’une des plus grandes mar­ques de cet irre­spect est la tenue des “femmes occi­den­tales” à la plage. “Les musul­mans ont le droit d’être en colère et de tuer des mil­lions de Français”, a‑t-il ajouté. Selon Mahatir Mohamad, pour éviter “les con­flits graves entre races et reli­gions”, il faut imiter la Malaisie qui a, dit-il, pris “con­science du besoin d’être sen­si­ble aux sen­si­bil­ités des autres”, euphémisme désig­nant en réal­ité la soumis­sion crois­sante de la Malaisie à la charia.

Regar­dons de plus près en quoi con­siste le fameux “exem­ple” malaisien. En Malaisie, les musul­mans, jadis minori­taires, sont devenus majori­taires, la charia est offi­cielle­ment appliquée, de nom­breux hommes poli­tiques se récla­ment ouverte­ment de la “supré­matie islamique” (“Ket­u­a­nan Islam”), toute con­tes­ta­tion de l’is­lam sun­nite est inter­dite par la loi, un musul­man n’a pas le droit de quit­ter la reli­gion musul­mane, l’is­lam sun­nite est la seule reli­gion autorisée à faire du prosé­lytisme, quiconque épouse une per­son­ne musul­mane est oblig­ée par l’É­tat de se con­ver­tir à l’is­lam sous peine d’ex­pul­sion. La ségré­ga­tion religieuse au nom de la supré­matie islamique va telle­ment loin qu’en 2015, la fémin­iste et mil­i­tante des droits de l’homme malaisi­enne Shafiqah Oth­man Hamzah a affir­mé : « Ce que nous vivons en Malaisie n’est presque pas dif­férent de l’a­partheid. Alors que la ségré­ga­tion était raciale en Afrique du Sud, dans notre pays, nous vivons dans la ségré­ga­tion religieuse. » En 2018, un tri­bunal islamique de Malaisie a con­damné deux femmes à recevoir des coups de bâton lors d’une céré­monie d’hu­mil­i­a­tion publique pour les punir d’être les­bi­ennes. Dans le Kelan­tan, État le plus islamique de la Malaisie, les femmes n’ont pas le droit de porter de biki­ni à la plage ni de porter des jupes lais­sant voir les mol­lets en public.

En réac­tion à cet appel au meurtre, Cédric O, le Secré­taire d’É­tat chargé du Numérique de la République française, a inter­pel­lé la direc­tion du réseau social Twit­ter pour réclamer le ban­nisse­ment de Mahathir Moham­mad. “Je viens de m’entretenir avec le Directeur Général de Twit­ter France, a‑t-il déclaré. J’ai exigé que le compte de Mahathir Mohamad soit immé­di­ate­ment sus­pendu. Twit­ter ne saurait se ren­dre com­plice d’un appel au crime.”

 

Le tweet d’ap­pel au meurtre pub­lié par Mahatir Mohamad a été sup­primé par Twit­ter, mais de nom­breuses cap­tures d’écran ont été effectuées

 

Cap­ture du thread Twit­ter dans lequel Mahatir Mohamad incrim­ine les strings des femmes européennes en matière de ter­ror­isme islamique
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