Raphaëlle Bacqué : à Trappes, les femmes “ne peuvent pas sortir bras nus dans la rue, sinon on se fait vite insulter »

Grand reporter au Monde, Raphaelle Bac­qué a pub­lié La Com­mu­nauté, livre con­sacré à la vie des habi­tants de Trappes, dans les Yve­lines. Dans l’émis­sion Les Grandes Gueules (RMC), elle témoigne du dif­fi­cile quo­ti­di­en des femmes dans cette ville de ban­lieue.

 

 

“Il y a des dif­fi­cultés pour les femmes à occu­per l’e­space pub­lic. (…) Nous, en tant que femmes, on l’a com­pris assez vite. Mais c’est assez dif­fus. Il y a un grand café place des Merisiers à Trappes, nous étions frap­pées de voir qu’il n’y avait que des hommes. Nous y sommes allées plusieurs fois, toutes les deux (avec sa con­sœur Ari­ane Chemin), nous avons tou­jours été très bien reçues, mais nous étions les seules femmes.

Nous avons posé des ques­tions aux femmes que nous ren­con­tri­ons (…) à Trappes, on leur don­nait des ren­dez-vous au café. Et à chaque fois, elles nous dis­aient “Non”, “Non, je ne peux pas y aller”, “C’est pas pos­si­ble”, “Ça va être com­pliqué”, “On va me voir”… Par­fois elles fai­saient un grand détour et on était oblig­ées de sor­tir du café pour aller les voir.

Et on a vu à quel point c’est com­pliqué, pour beau­coup de femmes, à Trappes. L’été, elles ne peu­vent pas se met­tre bras nus, sinon on se fait assez vite insul­ter. C’est com­pliqué pour une femme de fumer dans la rue. C’est com­pliqué de manger une glace dans la rue.

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