Telford : sur fonds de gangs ethniques, « le plus grand scandale de viols collectifs sur mineurs de l’histoire du Royaume-Uni »

Les frères Mubarek Ali et Ahdel Ali, deux figures du réseau de de Telford (photo : The Times)

Au terme d’un investigation de 18 mois, The Mirror a publié dimanche 11 mars un dossier sur ce qui pourrait être l’un des pires scandales d’exploitation sexuelle de mineures au Royaume-Uni. A Telford, dans le comté de Shropshire, ces quarante dernières années, des centaines de filles mineures issues de familles ouvrières, pour la plupart blanches, certaines sikhes, ont été droguées, battues, violées en réunion, sexuellement exploitées et certaines tuées par des gangs pakistanais et bangladais. Les plus jeunes victimes ont 11 ans. Cinq assassinats de femmes sont directement liés à l’affaire. Comme dans l’affaire de Rotherham, dont le bilan dépasse les 1400 victimes, des travailleurs sociaux, policiers, médecins, associatifs et élus étaient au courant mais n’ont pas osé agir par peur d’être accusés de racisme.

Vigoureusement interpellée par la députée Lucy Allan, le premier ministre britannique Theresa May a annoncé mercredi l’ouverture d’une enquête et a tenu à “chaleureusement féliciter Holly et Geraldine”, les deux journalistes auteures de l’enquête, “pour le travail qu’elles ont mené : mettre ces faits en lumière n’est pas facile, mais cela est nécessaire pour que nous puissions agir”. Lucy Allan s’est en effet scandalisée que la principale chaîne publique britannique n’ait pas daigné évoquer l’affaire.

L’omerta a atteint un tel niveau que la police de Telford a reçu en 2013 un memo interne les incitant à ne pas prêter attention aux plaintes dans la mesure où “la plupart des relations sexuelles étaient consenties”, bien que de nombreuses victimes aient moins de 13 ans.

À ce jour, dans la presse française, seule la journaliste Charlotte d’Ornellas a écrit sur cette affaire dans Valeurs actuelles. Elle déplore que les seules sources francophones disponibles soient les traductions d’articles britanniques sur le site Fdesouche :

“L’histoire se répète indéfiniment, avec ses mêmes horreurs, ses mêmes secrets, ses mêmes pudeurs antiracistes et ses mêmes vies brisées. Les autorités britanniques viennent en effet de dévoiler ce qui pourrait être l’un des plus gros scandales sexuels du pays, rapporté par une longue enquête du journal The Mirror. Des gangs d’asiatiques réduisaient depuis plus de 40 ans des jeunes filles du prolétariat à l’état d’esclaves sexuelles. Il y aurait plus de 1000 victimes.

Les journalistes ont entendu 12 d’entre elles, qui ne se connaissaient pas. Et les récits sont glaçants. Tout aurait commencé en 1981, lorsque deux pédophiles auraient commencé à cibler des jeunes filles d’un foyer local de la ville de Telford. Suivent ensuite des histoires toutes plus sordides les unes que les autres. Ces jeunes filles étaient repérées à 11 ans, attirées, rendues dépendantes à la drogue, battues et violées.

Accro à la cocaïne à 12 ans, à l’héroïne à 14, morte d’overdose à 20

En tout, cinq personnes sont mortes de ce trafic organisé par quelque 200 violeurs. Certaines brûlées dans leur propre maison, en guise d’exemple de représailles. Et la spirale infernale du silence était ainsi maintenue. C’est le cas de la jeune Lucy Lowe, assassinée à 16 ans, en 2000, avec sa mère et sa sœur. C’est alors Azhar Ali Mehmood qui met le feu à leur maison. Cette petite était sa victime, mère de deux petites filles et forcée d’avorter trois autres fois par leur père… L’enquête avait alors eu lieu, puis le procès : il avait été emprisonné pour cet assassinat, mais aucune poursuite pour un quelconque crime sexuel. Deux autres hommes avaient alors été arrêtés, trop tard : Mehmood Mubarek Ali et Ahdel Ali.

Une autre victime est revenu sur ce triple meurtre. Elle avait été droguée et violée en réunion par neuf hommes deux ans plus tôt. Pour elle, l’assassinat de Lucy a sonné comme un avertissement : il fallait se taire. « J’avais peur que ma famille ne meure comme celle de Lucy », confie-t-elle au journaliste, avant d’expliquer qu’elle avait pensé à se suicider pour échapper à ce cauchemar sans avertir les autorités. En 2002, c’est une autre jeune fille qui était morte dans un accident « inexpliqué ».

C’est dans son journal intime que l’on a retrouvé son témoignage : elle s’y plaignait d’être obligée de « coucher ». Sa mère s’était pourtant rendu plusieurs fois au commissariat, en vain. Elle avait même apporté une liste de suspects, sans que personne n’y jette un œil. « Je criais à l’aide mais avais l’impression de n’avoir aucun recours. Si le viol de Becky avait été instruit correctement, de nombreuses autres jeunes filles auraient pu être sorties de cet enfer ! » se lamente-t-elle aujourd’hui. La cinquième mort est le résultat de l’addiction à la drogue : Vicky Round fut droguée et violée par ces mêmes gangs. A 12 ans, elle était accroc à la cocaïne, à 14 à l’héroïne. A 20 ans, elle est morte d’overdose.

Certaines autorités « ont tenté d’entraver notre enquête »

Les victimes n’étaient pourtant pas les seules à savoir, certaines ont essayé de parler depuis les années 1990 déjà : selon le journal, les autorités locales étaient au courant, des médecins, des policiers, des assistantes sociales ainsi que des professeurs également. Et personne pour agir ou réagir. Pire encore, les journalistes précisent que certaines autorités « ont tenté d’entraver notre enquête ».

C’est en 2013 qu’une opération baptisée « Calice » est lancée, l’une des premières enquêtes nationales sur les affaires de prédations sexuelles pourtant répandues dans le pays. Dix ans après les premières plaintes. Un porte-parole du Telford and Wrekin Council déclare d’ailleurs au journal : « l’exploitation sexuelle des enfants est un crime ignoble et maléfique. C’est un problème qui se pose partout au Royaume-Uni ». A l’époque, seuls sept hommes avaient été incarcérés.

La déclaration est factuelle, étant donnés les scandales similaires qui ont fini par être révélés au grand public ces dernières années. De ce côté-ci de la Manche, la presse est elle aussi restée bien silencieuse, à l’exception notable du site FdeSouche, qui a régulièrement relayé et traduit les différentes informations concernant ces enquêtes ou révélations.

On trouve pourtant, dans des scandales similaires, une possible explication de cet insupportable silence : certaines autorités avaient alors reconnu s’être tues par crainte de l’accusation de racisme à l’évocation du profil des agresseurs.

Des « cours de sensibilisation à la diversité » pour avoir évoqué l’origine pakistanaise des bourreaux d’enfants

La ville de Rotherham avait offert un exemple particulièrement terrifiant. Pendant des années, des centaines de jeunes filles avaient été violées et maltraitées par des gangs de Pakistanais, sans qu’aucune autorité consciente du problème n’ose s’en saisir. Le problème n’était pourtant pas anecdotique : entre 1997 et 2013, 1400 enfants avaient été victimes de viols, arrosés d’essence et menacés d’être brûlés vivants en cas de plainte…

Silence de morts chez ceux qui savaient, par pure idéologie antiraciste chez les uns, par peur de cette dernière chez les autres. L’une des investigatrices du dossier avait même dû suivre des « cours de sensibilisation à la diversité » après avoir évoqué l’origine pakistanaise de ces bourreaux d’enfants. Les révélations qui ont suivi font froid dans le dos : la plupart des victimes étaient alors des jeunes filles hébergées par la municipalité, directement visée dans l’enquête pour ne pas avoir osé dénoncer ce problème connu de certains.

C’est même le fondateur de la Sikh awareness society, Mohan Singh, qui avait pointé du doigt le politiquement correct et l’antiracisme comme cause d’un silence criminel, au micro de la chaîne anglaise LBC : « tout le système a échoué et c’est ce qui s’est passé depuis 30 ans. Les gens craignent trop, vous savez, ils ont trop trop peur de dire la vérité (…) je pense que c’est dû au politiquement correct, et au fait que ces personnes ne veulent pas être qualifiées de racistes. Personne ne veut nommer la chose. »

« Peur de passer pour racistes »

Une intuition confirmée par l’auteur du rapport sur ces abus sexuels : « plusieurs membres du personnel ont décrit leur nervosité à identifier les origines ethniques des auteurs de peur de passer pour racistes. » Pendant 16 ans, c’est ce qui a retenu plusieurs membres des services sociaux de la ville, qui n’était pas la première à être le théâtre de telles horreurs. L’actualité montre qu’elle n’était pas non plus la dernière…”

 

 

En savoir plus :

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