Une Autrichienne condamnée pour avoir évoqué la pédophilie de Mahomet : la Cour Européenne des Droits de l’Homme valide !

La Cuur européenne des droits de l'homme à Strasbourg (photo : Wikimedia Commons)

La Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) a validé jeu­di la con­damna­tion d’une femme par la jus­tice autrichi­enne pour “dén­i­gre­ment de doc­trine religieuse” lors d’un sémi­naire sur l’is­lam. Le tort de cette Autrichi­enne ? Avoir qual­i­fié de “pédophile” le mariage du prophète Mahomet avec une enfant de 6 ans, Aïcha, et la con­som­ma­tion sex­uelle de ce mariage à 9 ans.

En 2011, l’Autriche a con­damné une respon­s­able du Par­ti Libéral Autrichien (FPÖ) à 480 euros d’a­mende pour avoir déclaré en 2009, lors de deux sémi­naires inti­t­ulés “Con­nais­sance élé­men­taire de l’is­lam” : « Com­ment appelons-nous cela, si ce n’est de la pédophilie ? ». Dans ce sémi­naire, la mil­i­tante évo­quait le mariage et les rela­tions sex­uelles du prophète de l’is­lam avec une fil­lette et voulait alert­er sur la pra­tique du mariage des mineurs dans l’is­lam. Après avoir épuisé tous les recours en Autriche, la con­damnée a fait appel à la CEDH en 2012, invo­quant l’ar­ti­cle 10 de la Con­ven­tion européenne des droits de l’homme por­tant sur la lib­erté d’ex­pres­sion.

La CEDH estime qu’une telle cri­tique de Mahomet “dépasse les lim­ites accept­a­bles d’un débat objec­tif” et “pour­rait men­ac­er la paix religieuse”. Dans l’ar­rêt qu’elle a ren­du, la Cour a déclaré que les mem­bres d’« un groupe religieux doivent tolér­er la con­tes­ta­tion de leurs croy­ances religieuses et même la dif­fu­sion par autrui de doc­trines hos­tiles à leur foi, tant que les pro­pos en ques­tion n’inci­tent pas à la haine ou à l’in­tolérance religieuse ».

Prob­lème : le fait que Mahomet ait épousé Aïcha alors qu’elle n’avait que 6 ans et con­som­mé le mariage à ses 9 ans n’est en rien une vue de l’e­sprit de la con­féren­cière. Ces faits sont relatés dans les deux prin­ci­paux recueils de hadith qui font autorité en islam sun­nite : le  Sahih al-Bukhari et le Sahih Mus­lim.

Gre­gor Pup­pinck, doc­teur en droit et directeur du Cen­tre européen pour le droit et la jus­tice (ECLJ), s’in­quiète de cette déci­sion de la CEDH :

Le seul véri­ta­ble motif de cette déci­sion est la peur des musul­mans. La Cour le dit expressé­ment : les autorités autrichi­ennes ont eu rai­son de con­damn­er ces pro­pos pour préserv­er la « paix religieuse » et la « tolérance mutuelle » dans la société autrichi­enne. Selon la Cour, les États auraient à présent, et c’est nou­veau, « l’oblig­a­tion d’as­sur­er la coex­is­tence paci­fique de toutes les reli­gions et de ceux n’ap­par­tenant à aucune reli­gion, en garan­tis­sant la tolérance mutuelle. »

La Cour (…) juge l’in­ten­tion même de la con­féren­cière, et la con­damne en esti­mant qu’elle n’a pas tant cher­ché à informer le pub­lic qu’à « dén­i­gr­er » Mahomet et à démon­tr­er « qu’il n’est pas digne d’être vénéré », et par suite à inciter à la vio­lence. Ain­si, dén­i­gr­er Mahomet n’est pas pro­tégé par la lib­erté d’ex­pres­sion : il ne faudrait en par­ler qu’avec respect et des bonnes inten­tions !

La Cour a jugé ensuite — de façon incroy­able — que ces pro­pos n’é­taient pas l’ex­pres­sion d’un fait mais d’un juge­ment de valeur per­son­nel et hos­tile, car la con­féren­cière n’au­rait pas resi­tué les faits dans leur con­texte his­torique, ni pré­cisé que la pre­mière épouse de Mahomet était bien plus âgée que lui. Dès lors, elle aurait « général­isé » la pédophilie de Mahomet de façon malveil­lante. Pour la Cour, alors, la con­féren­cière était de mau­vaise foi, et c’est « légitime­ment » que les musul­mans auraient pu se sen­tir « offen­sés » par ces pro­pos et que les juri­dic­tions autrichi­ennes les ont con­damnés.

Cette déci­sion est grave à mes yeux. D’abord parce qu’elle se résigne à l’in­tolérance et même à la vio­lence des musul­mans face à la cri­tique, et qu’elle renonce à défendre fer­me­ment la lib­erté d’ex­pres­sion sur l’is­lam. En fait, c’est la vio­lence même des musul­mans qui jus­ti­fierait et exig­erait que leurs croy­ances soient davan­tage pro­tégées con­tre les cri­tiques.

Plus pro­fondé­ment, cette déci­sion est aus­si très grave car elle fait primer les objec­tifs de « tolérance mutuelle » et de « coex­is­tence paci­fique » sur la lib­erté de pen­sée et d’ex­pres­sion en matière religieuse. Elle per­met de musel­er la cri­tique de l’is­lam au nom du vivre-ensem­ble. Cela va à rebours de la moder­nité occi­den­tale qui exige au con­traire de soumet­tre l’is­lam à la cri­tique his­torique, sans peur de bous­culer les croy­ances de ses adeptes et même de provo­quer des ten­sions.”

Le Parisien 

Figaro Vox

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