15 raisons d’être féministe en 2019

Oui, j'ai mis mon portrait car le 8 mars n'est pas la journée de la modestie

Ce n’est pas parce qu’on ne se recon­naît pas dans le fémin­isme insti­tu­tion­nel que l’on devrait embrass­er l’an­tifémin­isme. En cette journée inter­na­tionale des droits des femmes, je vous pro­pose une liste non exhaus­tive des bonnes raisons d’être fémin­iste.

1 — C’est grâce aux fémin­istes que le viol est recon­nu comme un crime en France.

2 — Parce que per­son­ne de sérieux ne veut revenir à l’époque (pas si loin­taine) où la con­tra­cep­tion était inter­dite, où les femmes devaient obtenir l’au­tori­sa­tion de leur mari pour tra­vailler ou pour ouvrir un compte ban­caire. Si vous êtes pour ces droits, vous êtes déjà fémin­iste.

3 — C’est grâce aux fémin­istes que la men­tal­ité du type “nor­mal qu’elle se fasse vio­l­er avec cette tenue” a reculé et que les vic­times de viol sont de mieux en mieux accueil­lies dans les com­mis­sari­ats de police. Oui, il reste du boulot, mais on a bien pro­gressé.

4 — Ce sont les fémin­istes qui ont fait de la lutte con­tre les vio­lences sex­uelles et domes­tiques une lutte poli­tique. La pro­tec­tion de l’en­fance s’est améliorée grâce à cette révo­lu­tion men­tale et la parole des enfants vic­times de pédo-crim­inels est bien mieux enten­due que par le passé.

5 — Militer pour les droits des femmes ne sig­ni­fie pas militer con­tre les droits des hommes. Militer con­tre les harceleurs, les vio­leurs, les agresseurs et les tueurs, ce n’est pas militer con­tre les hommes, à moins de con­sid­ér­er que les hommes sont par essence des harceleurs, vio­leurs, agresseurs et tueurs.

6 — Parce que la plu­part des défauts qu’on impute aux fémin­istes vien­nent du gauchisme et non du fémin­isme. Ce n’est pas parce que le fémin­isme a été annexé par la gauche qu’il est d’essence gauchiste. Le fémin­isme, c’est comme l’é­colo­gie : du bon sens devenu mil­i­tan­tisme par souci d’ef­fi­cac­ité, qui a été peu à peu annexé par la gauche sans être par essence spé­ci­fique à la gauche.

7 — Parce que même si on estime que plusieurs per­son­nal­ités fémin­istes (voire car­ré­ment des courants entiers) ont dévoyé le fémin­isme (nous par­lons très sou­vent de ces dérives sur Bel­li­ca), ce n’est pas une rai­son pour cracher sur le mil­i­tan­tisme sincère de mil­liers de fémin­istes qui don­nent de leur temps et de leur énergie pour accueil­lir les femmes vic­times de vio­lences et leur apporter une aide juridique, pour informer sur les vio­lences et le har­cèle­ment, pour soign­er des femmes bénév­ole­ment ou encore pour faire pro­gress­er l’in­for­ma­tion des médecins et patients sur l’en­dométriose et cer­tains can­cers.

8 — Parce que le fémin­isme n’est pas un bloc mono­lithique. On peut être fémin­iste en por­tant un regard cri­tique sur de nom­breux courants fémin­istes. La mil­i­tante fémin­iste Ovi­die n’a d’ailleurs pas hésité à dénon­cer la manière dont, en Suède, fémin­istes de gauche et chré­tiens démoc­rates se sont alliés pour faire vivre un enfer aux pros­ti­tuées.  Elle a réal­isé un doc­u­men­taire excel­lent que je vous con­seille vive­ment de regarder (il est disponible ici).

9 — Parce que se faire traiter d’hys­térique dès qu’on ouvre la bouche pour expos­er une idée est inac­cept­able, d’au­tant plus que la plu­part des hommes qui nous trait­ent d’hys­tériques puent l’ego malade et l’ir­ra­tionnal­ité nom­briliste à 100 kilo­mètres.

10 — Parce que les armées les plus fémin­isées au monde sont aus­si les plus puis­santes du monde.

11 — Parce que le ter­ror­isme antifémin­iste fait des morts tan­dis que le fémin­isme n’en fait aucun.

12 — Parce que dès qu’on donne du pou­voir aux antifémin­istes, ils font des trucs com­plète­ment tarés, du genre inte­dire la pilule du lende­main comme en Pologne ou faire mourir des femmes en leur refu­sant des soins comme en Ital­ie ou en Irlande.

13 — Parce que de nom­breuses luttes fémin­istes améliorent aus­si la vie des hommes : lut­ter con­tre l’in­sécu­rité, c’est per­me­t­tre aux femmes de respir­er dans l’e­space pub­lic et aux hommes de ne pas se faire tabass­er pour un rien ; lut­ter con­tre les mal­trai­tances médi­cales touchant les femmes, c’est lut­ter pour le respect de tous les patients

14 — Parce que l’is­lamisme pour­rit nos rues, nos tenues ves­ti­men­taires, nos con­certs, et se tape même l’in­cruste dans les mou­ve­ments fémin­istes occi­den­taux. L’heure du coup de pied aux fess­es a son­né pour les inté­gristes et leurs alliés, qu’ils soient gauchistes, droitards, chré­tiens ou tout ça à la fois.

15 — Parce que l’an­tifémin­isme féminin, dans 99% des cas, c’est surtout un moyen d’u­tilis­er les autres femmes comme des faire-val­oir : “Je ne suis pas fémin­iste, je suis fémi­nine”, “Je ne suis pas assez laide pour être fémin­iste, hihi”, “Moi, je m’épile et je souris quand on me traite comme une ser­pil­lière, pas comme ces thons de mal baisées fémin­istes”. Lais­sez ce genre de pos­tures aux pim­bêch­es sans per­son­nal­ité. Une vraie femme n’a pas besoin d’écras­er ses copines pour se faire val­oir.

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